Le commandant Robert Castin est né le 25 août 1918
à Montluçon dans l'Allier. Engagé pour cinq ans
en novembre 1936, il passe par l'école de pilotage d'Istres
et obtient un brevet en août 1937. A sa sortie, le sergent Castin
est affecté en décembre 1938 au Groupe
Aérien d'Observation 544 à Bourges.
C'est avec cette unité, qu'un rapport d'inspection du mois
de mai 1939 présente comme "deshéritée à
tous points de vue"(1), qu'il entre en guerre. Quelques missions
en cet automne 1939, dans un ciel quiet, et c'est le départ
en janvier 1940 pour Tours et le peloton préparatoire des élèves
officiers de réserve.
Nommé aspirant, i1 est à
Bordeaux en mai 1940 où il suit les cours de l'école
des observateurs. Le 26 juin, l'école se replie sur Meknès,
mais la base est dissoute deux jours plus tard et le jeune aspirant
de réserve Castin est invité à se joindre aux
effectifs du groupe de bombardement
I/23.
Avec lui, il participe aux opérations que mène
Vichy contre les Français Libres et les britanniques qui essaient
de rallier à leur cause l'Afrique occidentale française.
En septembre 1942, le sergent-chef Castin est muté au groupe
de bombardement I/62 à Bamako et, en mars 1943, il est
admis à suivre à Marrakech le stage des élèves
officiers d'active.
Nommé sous-lieutenant c'est avec ce grade
qu'il se porte volontaire le 29 décembre 1943, pour le groupe
de chasse "Normandie".
Arrivé à Toula le 24 février 1944, il doit avant
tout s'entraîner pour avoir bien en main ce Yak aux qualités
reconnues. Affecté dans la 4e escadrille, il noue une solide
amitié avec Lemare et Perrin
: "Ces garçons loyaux et courageux, ces camarades avec
lesquels j'ai très vite fraternisé" (2). Puis
c'est la campagne de 1944.
Le 10 octobre, en patrouille avec le capitaine Challe,
il abat son premier avion allemand, un Fw 190. Six jours plus tard,
au début de l'offensive sur la Prusse Orientale, le lieutenant
Castin ajoute quatre autres Fw 190 et un Me 109 à son tableau
de chasse.
Les victoires s'accumulent en cette deuxième quinzaine
de janvier 1945, notamment le 14 avec un Fw 190 de plus et le 16 où,
au cours de la même journée, deux Fw 190 succombent à
ses attaques. Mais le 18 janvier, il est à son tour victime
de la Luftwaffe qu'il mettait tant de hargne à descendre.
Après
avoir détruit un nouveau Fw 190, il était lui-même
touché et contraint à un atterissage forcé. Blessé,
le 4 février 1945 il est rapatrié et ne peut participer
avec ses camarades aux offensives décisives que le "Normandie-Niémen"
lance en ce début d'année 1945.
Après une convalescence de trois mois, il est affecté
comme chef du 3e bureau du groupe de chasse et de défense aérienne
550. Le 2 février 1946 il retrouvait le "Normandie-Niémen"
avant d'être désigné, en février 1948,
comme adjoint au commandant de la base de Salon.
Quatre ans plus tard,
il était placé en position de non-activité pour
infirmité temporaire mettant ainsi un terme à sa carrière
de pilote.
Promu commandant en 1956, il prolongeait jusqu'en mai 1958 ses congés
d'instance de réforme et quittait l'Armée de l'air.
Il se consacrait alors à la gestion d'une entreprise familiale
de roulement à billes et décédait le 26 juillet
1979 à Lyon.